L'infernal trafic... - Nancy Pollard

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L'infernal trafic...

Surtout, je ne devais pas être stressée par le manque de temps. Je ne pouvais pas aller plus vite, la circulation était bloquée. J’ai mis une station de radio pour me distraire et écouter les informations. Les mauvaises nouvelles se succédèrent, toutes plus affligeantes les unes que les autres. Je ne pouvais pas écouter ces informations, sans être touchée par ce qui était relaté. Les présentateurs n’avaient que l’embarras du choix entre toutes les pires situations qui se produisent, à chaque moment, dans le monde. Dépitée d’entendre ces terribles récits, j’ai préféré mettre de la musique. Un concerto se diffusa dans mon auto, la musique classique m’apaisa aussitôt. J’ai commencé à me détendre en écoutant s’égrener les notes de piano. J’ai un peu avancé, pendant cinq minutes, mais j’ai dû arrêter de nouveau mon véhicule. J’ai regardé mes mails, et j’ai vu que ma demande d’information concernant des travaux de ma├žonnerie Laval avait eu une réponse.

Une dizaine de minutes après avoir dû arrêter mon auto, j’ai pu redémarrer et rouler à une allure correcte. Je ne me suis pas arrêtée pendant plus de deux heures. Je voulais rattraper le retard que j’avais eu. J’avais profité de ces arrêts forcés pour communiquer avec Maude et Gilbert. Ils avaient eu la possibilité d’arriver plus tôt que moi, la veille. Je leur ai envoyé un message où j’expliquais que je n’arriverais pas avant l’heure du souper. Ils ne devaient pas m’attendre dans l’après-midi, comme je l’avais pensé, lorsque j’avais organisé mon départ. Je ne pouvais pas prévoir que des travaux seraient entrepris, et que je resterais presque deux heures dans mon automobile, quasiment immobilisée. J’ai pris la route que l’indicateur me recommandait de prendre.

La voix féminine robotisée me rappela que je devais prendre une route, sur ma droite. Cette voie était presque cachée et située au milieu d’un long virage. Si je n’avais pas été attentive, et dirigée par un GPS, je ne l’aurais pas vue immédiatement. J’aurais certainement continué pendant quelques minutes avant de faire un demi-tour, et peut-être que je l’aurais vue, mais je n’en suis pas si sûre. J’avais vu quelques photographies du lieu où je me rendais, mais je n’aurais jamais pu imaginer la situation si isolée de cette maison. J’ai continué à avancer sur un chemin en terre, entouré par la forêt. Finalement, j’ai vu la demeure, au loin. Plus je me rapprochais d’elle, et plus elle me plaisait.