J'ai raté mon entraînement - Nancy Pollard

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J'ai raté mon entraînement

J'ai raté mon entraînement - Nancy Pollard

J’étais prise par la lecture de mon journal, et je n’avais pas vu que l’heure d’aller à ma séance de gymnastique hebdomadaire était déjà arrivée. J’avais pris ma douche, je m’étais habillée, et j’allais partir quand je reçus un message sur mon téléphone. Raphaëlle me prévenait de son absence au cours de gym. Elle ne pouvait pas faire garder ses enfants, car son mari avait dû partir en urgence. Comme je devais passer la prendre, les dix minutes que je comptais en plus n’étaient plus nécessaires. J’allais jusque dans la rue où mon club était situé, et je me mis à regarder les vitrines d’une boutique de vêtements. Les coupes des tuniques et les tissus utilisés pour la confection des manteaux, étaient tout à fait dans mon style. J’avais vu une publicite internet sur cette marque, mais je n’étais encore jamais passée devant un magasin qui en vendait.

J’étais littéralement subjuguée par les très belles robes que je vis dans la boutique. Longues, elles étaient parées de petits cristaux, colorés ou non. Les motifs de roses s’étalaient avec grâce sur la poitrine, ou sur le bas des robes. Inspirées d’une mode des années mille neuf cent trente, leur coupe fuselée mettait en valeur la taille et les hanches. Sur certains modèles, plus courts, les imprimés exotiques tranchaient avec la collection de roses anciennes, comme je la surnommais. Je m’achetais un assortiment de ces robes colorées, que je pourrais mettre autant en soirée que sur une plage, en été. Des bijoux me plurent beaucoup et, comme l’anniversaire de ma mère approchait, des boucles d‘oreille et une montre, seraient des présents qui, j’en étais sûre, l’enchanteraient.

Elle avait une prédilection pour les années folles. Son mobilier, elle l’avait acheté au fur et à mesure du temps. Elle possédait des consoles, des armoires marquetées, des vases avec des figures de nymphes, des figurines en cristal, notamment une qui était très belle, imitant une panthère qui marchait. Elle aimait créer ce décor autour d’elle. Elle avait aussi une véranda, dans sa maison, qui était à la campagne. Des fauteuils en cuir, profonds et confortables, invitant à la rêverie comme à la discussion, accompagnaient des tapis en laine, moelleux, qui étaient mis en hiver. L’été, ma mère transformait cette pièce en un jardin fleuri où elle disposait de nombreuses potées remplies de fleurs. Dans tout cela, je n’avais pas vu que le temps était passé si rapidement. J’avais manqué ma séance d’entraînement.