Des arts rustiques - Nancy Pollard

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Des arts rustiques

Des arts rustiques - Nancy Pollard

Avec l’accord de Linda, j’avais photographié son lustre, qu’elle avait façonné à partir de branches trouvées en forêt. Je n’étais pas sûre que ce serait très apprécié, car le luminaire avait un côté brut, difficile à accorder avec du mobilier moderne. Pour garder les mousses et les lichens accrochés sur les morceaux de bois, l’artiste les avait enduits d’un vernis. Elle craignait que le temps ne dessèche son œuvre, et qu’elle soit très éphémère. Avec ce traitement, elle espérait que le bois ne se déliterait pas trop rapidement. Contrairement à ce que j’avais pensé, mes amis réagirent à cette photo positivement. De nombreux commentaires affluèrent, et des commandes arrivèrent à Linda. Elle non plus, elle ne s’attendait pas à ce déferlement de messages, à toutes ces demandes pour qu’elle créée d’autres luminaires, inspirés par celui que j’avais photographié puis mis en ligne.

Ce fut le premier d’une longue lignée. La renommée de la jeune femme ne fit que croître, à un tel point qu’elle cessa définitivement son activité professionnelle précédente, elle était coiffeuse, et qu’elle se mit à être pleinement une créatrice, qui vendait ses œuvres et qui pouvait en vivre. Elle a gardé une grande humilité, un détachement par rapport à cette notoriété. Elle voulut me remercier d’avoir fait connaître son travail, et elle me demanda si je souhaitais avoir, moi aussi, un lustre. J’étais gênée, car ce cadeau avait une valeur élevée. Elle insista et elle passa, un samedi matin, pour me l’installer. Je voulais qu’il orne le plafond de mon salon. Avec le décor rustique que j’ai, il s’incorporait parfaitement. Quand je le vis mis en place, je fus très satisfaite de l’effet qu’il produisait.

Ce jour-là, je m’en souviens, j’avais contacté une entreprise de remplacement toiture Saint-Hyacinthe. J’étais très heureuse de l’installation de ce nouvel objet décoratif, je voulais sortir pour la fêter. Après une réservation dans un restaurant, pour deux personnes, car mon amie m’accompagnait, j’ai décidé d’appeler un taxi pour nous y emmener. Je pensais que ce serait plus rapide et, de plus, que nous pourrions repartir par le même moyen de transport, mais chacune de notre côté. En montant dans l’automobile, j’ai pensé à mon smartphone. Je l’avais laissé sur la console, du vestibule, en cherchant les clés pour barrer la porte. J’étais désemparée. Deux alternatives s’offraient à moi. Je pouvais retourner à mon domicile, mais nous arriverions tard, ou partir sans moyen de communication.