Construire sa propre ferme - Nancy Pollard

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Construire sa propre ferme

J’ai été élevée par un père qui avait l’habitude de prendre toutes les décisions me concernant. Durant mon enfance, cela m’apparaissait naturel : il incarnait une figure paternelle protectrice, attentionnée. Mais en grandissant, cela devenait une source constante de disputes entre lui et moi. Lui voulait, par exemple, que je fasse des études de droit alors que cela ne m’avait jamais intéressée. Alors que je lui ai dit que je voulais faire des études d’agronomie, il a rechigné à m’aider financièrement. J’étais donc obligée de rester dans ma ville natale : Montréal.

Un projet peut-être trop ambitieux

Pendant mes six années d’études à l’Université de Montréal, j’ai fait beaucoup de rencontres, à commencer par un jeune qui allait devenir plus tard mon mari, et le père de mes enfants. Je lui ai confié un jour, que je voulais réaliser un projet agricole, mais que je ne savais pas comment m’y prendre. D’un air confiant, il m’a rassurée qu’avec le traité de libre-échange américano-canadien, il y a beaucoup moins de contraintes en matière de production agricole. Mais le vrai problème, c’est que je n’avais pas de source de financement. Je n’ai pas pensé une seule seconde à mon père. Je pressentais qu’il n’allait pas financer un projet conduit par une enfant « rebelle » à ses yeux. Mais je ne désespérais pas pour autant.

J’avais la chance que n’avait pas mon ami

Mon ami, en deuxième année, était contraint d’abandonner les études. Ses parents avaient péri dans un accident de voiture. Alors, il n’avait plus personne pour financer ses études. Mais il pouvait bénéficier de l’assurance-vie souscrite par son père. Il s’est servi de l’argent pour ouvrir un commerce. Entre autres, sa boutique proposait la construction d’abris de piscine, l’aménagement de véranda et la remplacement toiture Terrebonne.

J’aurais voulu que mon père conduise ce projet avec moi

Après les études, j’ai demandé à mon père de m’appuyer dans mon projet de construction d’une ferme. Je voulais surtout me lancer dans l’élevage de bovins, et la fabrication de fromages. À ma grande surprise, mon père m’a dit, tout souriant, qu’il n’hésiterait pas à m’appuyer. Il m’expliquait qu’au fil du temps, il réalisait que c’était une bonne chose que sa fille lui tienne tête. En fait, ce qu’il voulait que je comprenne, c’est qu’il appréciait ce tempérament. Cela laissait présager, d’après ses dires, une « grande volonté, une persévérance sans bornes ».