Confidences au salon de beauté - Nancy Pollard

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Confidences au salon de beauté

Confidences au salon de beauté - Nancy Pollard

Cette journée va être une journée fabuleuse. Je le savais parce que la première chose que j'avais fait la veille était de prendre rendez-vous, le plus tôt possible, dans mon salon préféré pour une matinée de soins. Femme gâtée que je suis, j’adore m’offrir les services d'une dame en particulier à ce salon. Elle est, grâce à ses talents et sa compétence, pratiquement responsable de ma peau éclatante et toutes les autres finesses de mon corps.

La dame en question est une belle personne chaleureuse, appelée Catherine. Une figure maternelle idéale, avec des mains merveilleusement conçues, faites pour plaire à ma peau qui en redemande. C’est littéralement un soulagement de la voir. Je suis entrée dans le salon, pour la voir avec sa belle coiffure, le visage barré d'un sourire contagieux, et j’ai eu la certitude qu'aujourd'hui allait être une bonne journée !

Après avoir échangé les salutations d’usage, elle m'a emmené à une cabine et nous avons commencé avec la routine normale que je m’offre deux fois par mois. En fait, malgré que j’apprécie ses services, nous sommes de parfaites inconnues. Nous rencontrons deux fois par mois, pour me faire belle et je la paye pour son travail. Je ne sais pas ce qui se passe dans sa vie et vice-versa. Il y avait quelque chose de triste en elle aujourd'hui, je pouvais le sentir.

Elle avait une fille qui devait aller à l’université a la rentrée prochaine. Je sais cela parce que nous avons parlé de sa fille, comment elle était si jeune et innocente et aussi qu'elle voulait devenir une top-modèle. Par curiosité et un peu par inquiétude, je lui demandais comment les choses allaient dans sa vie. Elle sourit alors et me répondit qu’elle venait juste de parler à son mari, acide hyaluronique.

Elle pense qu’ils allaient se séparer.

Prise de court par l'information très personnelle qu'elle venait de partager avec moi, je me suis retrouvée à court de mots. Je mesurais à quel point elle m'a fait confiance. Par devoir, je lui ai dit ce que je ressentais, qu'il n'y a rien dans ce monde qui ne peut être résolu par la communication. 

Je ne pouvais m’empêcher de me demander pourquoi elle me faisait tant confiance. Avait-elle désespérément besoin de parler à quelqu'un ? Son problème conjugal lui faisait-il oublier que je reste une étrangère ? Je gardais le silence, en pleine introspection de ce qui s’était passé.

Elle dut s’en rendre compte et me demanda de ne pas m’en faire pour elle. "Ce qui que doit arriver, arrivera". Tels furent ces mots. Surprise d’une telle démonstration de force intérieure, je ne pus me contenir et lui demandais comment elle pouvait partager ces choses alors qu’elle ne savait presque rien de moi ?

Elle sourit et dit : "parfois, les étrangers sont les meilleurs confidents, parce qu'ils ne nous jugent pas".